Qu’est ce que un griffon iliaque ?

Le greffon iliaque est une greffe osseuse prise au niveau de la crête de l’os iliaque.

L’os iliaque est une partie de l’os qui forme le bassin. La crête de l’os iliaque se situe au niveau de la taille et on peut facilement palper le relief sous-cutané de ses deux crêtes iliaques. Cette partie de l’os du bassin n’est pas une zone portante et un prélèvement osseux à ce niveau ne met absolument pas en jeu la stabilité de la hanche.

Quels sont ses avantages ?

Le plus gros avantage du prélèvement osseux iliaque est la grande quantité d’os disponible.

Le greffon iliaque permet d’amener de l’os spongieux en grande quantité mais aussi de l’os cortical qui reste abondant à ce niveau.
Le prélèvement est techniquement simple mais nécessite toujours une anesthésie générale.
Ce type de greffon est parfaitement adapté à la chirurgie reconstructrice et réparatrice faciale.
Il est souvent utilisé en chirurgie pré-implantaire, plus rarement en chirurgie parodontale.

Quels sont les inconvénients ?

Les inconvénients du greffon iliaque sont:

– la nécessité d’une hospitalisation de deux à trois jours ainsi que d’une anesthésie générale,
– l’inconfort post-opératoire avec boiterie post-opératoire pendant 15 jours à trois semaines,
– la présence d’une cicatrice cutanée dissimulée par les sous-vêtements,
– en chirurgie maxillo-faciale, il est réputé pour se résorber plus que le greffon pariétal.

Quelles sont les suites opératoires ?

L’intervention se déroule sous anesthésie générale. Une consultation d’anesthésie pré-opératoire ainsi qu’une hospitalisation sont donc indispensables.

La durée de l’hospitalisation est en général de 2 ou 3 jours.

Les suites opératoires comportent :

– les douleurs entraînant une boiterie sont traitées par antalgiques. Cette boiterie persiste pendant une durée de 15 à 21 jours selon l’importance du prélèvement osseux iliaque.

– l’ablation du drain qui est mis en place au niveau du site du prélèvement et qui permet de diminuer le risque d’hématome et d’infection post-opératoire, est réalisée au deuxième ou troisième jour post-opératoire.
– des soins post-opératoires (soins locaux et pansements) sont nécessaires pendant une période de 8 à 10 jours
– l’ablation des points est effectuée en général vers le 8 ou 10ième jour post-opératoire.

Des complications osseuses :

– Une fracture de la mâchoire inférieure est très exceptionnelle. Il dépend de conditions particulièrement difficiles.
– Quand cette complication survient, elle nécessite une anesthésie générale afin de mettre en place des plaques et des vis d’ostéosynthèse.

Des complications sinusiennes:

Ce type de complication concerne exclusivement certaines dents du haut qui sont en relation étroite avec des cavités situées au dessus de la mâchoire supérieure : les sinus maxillaires.
– Une communication entre le sinus maxillaire et la bouche peut survenir lors de l’extraction de la dent quand celle-ci est très proche du sinus maxillaire. Elle se ferme spontanément en 10 jours à 3 semaines dans la plupart des cas. Mais sa persistance peut nécessiter un traitement chirurgical adapté.
– Une migration anormale (luxation) d’une racine d’une dent du haut dans le sinus maxillaire peut survenir. Cette complication est rare. Elle peut justifier, lorsque elle survient une anesthésie générale afin qu’ on ouvre le sinus par une incision au dessus de la canine supérieure afin de récupérer cette dent et d’éviter l’apparition d’une sinusite.

Les complications hémorragiques:

– Des complications hémorragiques (saignements endobuccaux trop importants) peuvent survenir et cèdent à des manoeuvres de compression (en mordant des compresses). Ce type de complication concerne principalement les patients sous traitement anti-agrégant ou anticoagulant ou présentant des pathologies particulières qui favorisent les hémorragies.

Les complications nerveuses:

– Une lésion de nerf passant à proximité des dents (nerf alvéolaire inférieur, nerf lingual) dépendent des situations anatomiques particulières.

Quels sont les risques du prélèvement iliaque?

Tout acte médical, même conduit dans des conditions de compétence et de sécurité conformes aux données actuelles de la science et de la réglementation en vigueur, comporte des risques de complication. Aujourd’hui, tout chirurgien se doit d’informer son patient sur les risques et les complications éventuelles de l’intervention dont il va bénéficier. Cette information doit être claire, loyale et intelligible. Elle a pur but de permettre à chaque patient de mettre en balance les risques qu’il encourt par rapport aux bénéfices qu’il retirera de l’intervention chirurgicale afin qu’il puisse prendre la décision, en son âme et conscience, de se faire opérer ou non.

Cette notion est particulièrement importante pour certains actes de chirurgie maxillo-faciale qui sont des interventions chirurgicales de confort (chirurgie plastique de la face, implantologie, etc.…). L’énumération « bibliographique » des diverses complications possibles a pour but de vous faire participer pleinement aux décisions qui concernent votre santé ou votre bien-être.

Les complications possibles du prélèvement iliaque sont:

– un hématome au niveau du site de prélèvement. Ce risque est prévenue par la mise en place d’un drain pendant les premiers jours post-opératoires.
– une possible perte de la sensibilité, le plus souvent temporaire de la face antérieure de la cuisse. En effet, le nerf fémoro-cutané qui donne sa sensibilité à une partie de la face antérieure de la cuisse passe à proximité du site de prélèvement iliaque. Ce rapport anatomique dangereux est connu de votre chirurgien.
– une infection du site de prélèvement est possible mais rare. Elle est prévenue par une asepsie rigoureuse per-opératoire.
– une cicatrice déprimée et inesthétique. Cette complication est prévenue en laissant la partie toute supérieure de la crête iliaque afin de préserver le galbe naturel et l’esthétique de la crête iliaque.
– une hernie par faiblesse de la paroi abdominale à proximité du site de prélèvement est exceptionnelle.