Newsletter 11 – Avril 2015 – Orthodontie accélérée, apport de la corticotomie

centre-massilien-de-la-face-cmf-entete-newsletter-avril-2015-corticotomie-Levy-Charles-orthodontie-chirurgie-01

Travaux pratiques de piézochirurgie
F Campana – ADF Paris 11/2014

Pathologie des glandes salivaires
F Campana – AOGT – Le Sauze 02/2015

Conférence-EPU Lichen plan buccal
F Campana

Présentation de cas clinique
N Dumont

2e réunion pluridisciplinaire de Pathologie faciale
Hôpital de la Timone. 11/2014

Présentation de cas clinique
F. Campana & N. Dumont

3e réunion pluridisciplinaire de pathologie faciale
Hôpital de la Timone. 4/2015

Pigmentation palatine associée à un traitement par Imatinib
F. Campana et U. Ordioni.
Med Buccale Chir Buccale 2014; 20:275-277

« Dysplasie osseuse floride mandibulaire : un cas de découverte fortuite et revue de la littérature »
Massereau E., Ordioni U., Royer G., Guivarc’h M., Catherine J.H.
Med Bucc Chir Bucc, 2015, sous presse

 

63e congrès de la Société Française de Chirurgie Orale,
28, 29, 30 mai 2015

EPU Chirurgie ambulatoire
Samedi 20 juin 2015

Avec les interventions des Drs.Istria et Lévy

– Chirurgie esthétique et ambulatoire Dr.Istria

– Indications des extractions des dents de sagesse

Dr.Lévy

Mardi 19 mai

Centre Edmond Fleg
13006 Marseille

Dr Nathalie Dumont :
Chirurgie et orthodontie

51e congrès de la SFSCMFCO
du 16 au 19 septembre, Lyon

«Implications of endodontic related sinus aspergillosis in a patient treated by infl iximab : a case report. »
Guivarc’h M., Ordioni U., Catherine J.H., Campana F., Bukiet F.
J Endod. 2015 Jan; 41(1):125-9

 


Le Comité pour l’évaluation des Risques en matière de Pharmacovigilance (PRAC) recommande la création d’une carte pour les patients prenant ou ayant pris un traitement par biphosphonate IV (acides zolédronique, pamidronique ou ibandronique) ou denosumab.

232 !!!

 

 


C’est le nombre de dents qu’un dentiste a arraché en une seule séance et de la bouche d’un unique patient : un adolescent indien souffrant d’une variante exceptionnelle d’un syndrome connu, l’odontome complexe. On n’a pas trouvé de cotation CCAM…
Cette carte patient permettra de sensibiliser les patients au risque d’ostéchimionécrose de la mâchoire (OCN) dans ce contexte. Elle rappellera :
– La nécessité de signaler à son médecin tout problème dentaire avant de commencer un traitement par biphosphonate ou denosumab,
– Dans certaines situations, la nécessité de consulter un dentiste avant tout traitement par biphosphonate ou denosumab,
– De s’assurer du maintien d’une bonne hygiène bucco-dentaire pendant le traitement.
– D’informer leur dentiste qu’ils sont traités par biphosphonate ou denosumab,
– De contacter leur médecin ou dentiste en cas de problème bucco-dentaire
– D’arrêter le traitement en cas de survenue d’une OCN.

58

C’est le nombre moyen de chirurgiens dentistes pour 100 000 habitants en France. Chiffre en baisse constante de puis 6 ans.

LE CENTRE MASSILIEN DE LA FACE FAIT PEAU NEUVE !

Le cabinet reste bien évidemment ouvert pendant les travaux et nous nous efforcerons d’accueillir vos patients dans les meilleures conditions possibles.

 

ORTHODONTIE ACCÉLÉRÉE, APPORT DE LA CORTICOTOMIE

Dr Charles Lévy


Désolé Mesdames, mais ce n’est pas là la photo d’un nouvel associé…
Il faudra attendre la fin du XIXe siècle et Edward H. Angle pour voir apparaître les bagues avec des tubes soudés, les études sur le niveau de forces à appliquer ainsi que les temps de traitement.C’est surtout chez l’adulte que le facteur temps pourra être un obstacle. D’autant plus que les mouvements dentaires seront un peu plus
longs que chez l’enfant.Cela tient aux mécanismes physiologiques et histologiques qui régissent le déplacement des dents, phénomènes régulant le remaniement osseux, celui-ci étant moins intense et moins rapide chez l’adulte.Si l’on savait depuis 1904 (SANDSTEDT) qu’une force appliquée sur une dent provoque :
• la résorption de l’os côté pression
• la construction osseuse côté tension. Il aura fallu attendre 80 ans pour établir les bases de ces mécanismes. Le MOUVEMENT DENTAIRE est basé sur la capacité de l’os à réagir à un stress mécanique par apposition et résorption d’os alvéolaire.Ce mécanisme physiologique se fait grâce à l’action du ligament alvéolo-dentaire (LAD), tissu conjonctif fibrillaire riche en cellules indifférenciées.L’application d’une force externe provoque une souffrance dans la zone comprimée ce qui déclenche une désorganisation des fibres ligamentaires, cette souffrance se traduit le long de la racine côté
comprimé par une nécrose cellulaire aseptique appelée HYALINISATION, période qui va durer de 15 jours chez l’enfant à 50 jours chez l’adulte.

Il faut attendre le « nettoyage » de la zone par les macrophages qui ont afflué, pour que les ostéoclastes (issus de la différenciation des cellules présentes dans le LAD) commencent leur travail de destruction osseuse qui va favoriser le déplacement dentaire.

Du côté où le LAD a été étiré, ce sont les ostéoblastes qui affluent et commencent eux le travail de reconstruction de l’os alvéolaire par apposition osseuse

On a de ce fait une valse à trois temps :

1-Mouvement immédiat dû à la compression du ligament

2-Période de latence sans mouvement (hyalinisation)

3- déplacement dentaire continu par destruction osseuse

De ce mécanisme nous déduisons que si l’on raccourcit la période de hyalinisation, on provoque un déplacement dentaire plus précoce, donc une réduction du temps de traitement.

A contrario, une période trop longue de hyalinisation pourrait être à l’origine des résorptions radiculaires.

C’est à partir de ces considérations que l’on est passé de la Valse au RAP

Le RAP (Regional Acceleratory Phenomen) a été décrit dans les années 80 par un chirurgien orthopédiste (H. FROST) qui étudiait les phénomènes de cicatrisation osseuse sur les foyers de fracture. Autour de l’os fracturé on note un afflux cellulaire important avec une forte activité ostéoblastique qui a pour double effet accélérateur :
– le « nettoyage » de l’os en souffrance
– diminution de la densité osseuse. Si on a longtemps cru qu’elle facilitait le déplacement de « blocs dentaires », la CORTICOTOMIE (incision, perforation ou scarification de l’os cortical alvéolaire) est en fait l’application de ce RAP au mouvement dentaire. Le « nettoyage » de l’os en souffrance s’il se fait sur les berges de la scarification, diminuant la densité osseuse ; se fait également sur la zone de souffrance péri radiculaire accélérant la disparition de la zone hyaline). Ces deux phénomènes se conjuguent pour permettre une accélération du mouvement dentaire.Cette accélération se fait sur le temps limité de la cicatrisation osseuse qui est classiquement de 4 mois.La technique orthodontique sera modifiée afin de profiter au maximum de cette « fenêtre thérapeutique». Mis en place 10 jours avant l’acte chirurgical, les arcs seront activés tous les 15 jours, (au lieu des 6 semaines communément admises), permettant de diviser par 4 la durée de certaines phases avec une réduction significative des temps de traitement. Cette technique peut :- être pratiquée chez l’enfant mais paraît plus justifiée chez l’adulte (patients pressés et processus cellulaires ralentis)- concerner les 2 arcades en totalité ou partiellement en fonction des dents ou groupes de dents à déplacer

– faciliter toutes les situations orthodontiques (traitement d’une DDM avec ou sans extraction, d’un articulé croisé, en complément d’une chirurgie orthodontique, pour la mésialisation, la distalisation, l’ingression, le redressement…)

– se pratiquer sous anesthésie générale ou locale.

Initialement assez agressive avec le décollement de lambeaux de pleine épaisseur sur tous les secteurs à traiter, la technique s’est simplifiée et actuellement nous pratiquons la technique mini invasive décrite par JD SEBAOUN comme ci dessous :

Utilisation des inserts micro scies de la piezo

Simplement le sourire de l’adolescent ci-contre, amélioré par les techniques de dentisterie modernes.
Orthodontie, Blanchiment, Facettes sont les 3 recommandations du magazine « ELLE » pour avoir un sourire de star.Et l’amélioration du sourire est au centre des préoccupations des forums et des blogs « Santé Beauté »Exemple « copié collé » ci-dessous :Bonjour, J’aimerais moi aussi améliorer rapidement mon sourire et mes dents de devant. Et vous comment avez-vous fait ? Merci pour vos partages
Amicalement
Tristan

http://forum.sports-sante.com/comment-fairepour-avoir-un-sourire-de-star-et-de-reve-avisforum-t8153.html – ctop 27 février 2015, 12 h 12
Une astuce pour avoir un sourire de star, c’est aussi avoir les dents les plus blanches possible, sans tâches, sans tartre. Pour cela, il faut éviter le tabac, le thé ou le café et utiliser un dentifrice blanchissant. Ensuite, si vos dents ne sont pas bien alignées, il faut envisager un traitement d’orthodontie (même à l’âge adulte c’est possible mais ce n’est pas remboursé). Des dents saines et propres, c’est la base d’un beau sourire.
Ro#http://forum.sports-sante.com/comment-fairepour-avoir-un-sourire-de-star-et-de-reve-avisforum-t8153.html
– ctop

Améliorer, RAPIDEMENT !!!

Notre propos n’envisagera pas les techniques de blanchiment ou de facette, mais l’orthodontie qui, tous les adolescents vous le diront, ne rime pas vraiment avec rapidité.

Le désir « d’aligner » ses dents n’est pas nouveau, et parfois peu en importe le prix à payer (et je ne parle évidemment pas d’un tarif semestriel !)
Mais bien d’un « pretium doloris » qu’en 1700, les patients de Pierre FAUCHARD étaient prêts à payer.

Si déjà à l’époque le praticien utilisait les lames métalliques pour leur effet de ressort ou le « limage » des faces proximales pour gagner de la place, il n’hésitait pas à pratiquer également les extractions dirigées ainsi que les luxations dentaires et alignement avec contentions tout cela évidement sans anesthésie.

Ceci étant, le principe de base de l’orthodontie est acté en 1700 : une force appliquée à une dent la déplace !

 

A) Corticotomies de prémolaire à prémolaire
1) Incisions inter radiculaire dans toute la zone à traiter. Cette incision va jusqu’au périoste mais n’intéresse pas la papille

2) Scarification des espaces ainsi dégagés

3) Suture (non systématique)

4) Suture (non systématique)

B) Corticotomie pour traction d’une canine ankylosée
On est plus ici dans le cadre d’une distraction d’un bloc avec traits en vestibulaire et en lingual

La sélection des patients :
Elle est assez simple : évidemment on exclura tous les patients pour lesquels sont contre-indiqués les actes de chirurgie orale non indispensables.
Une attention particulière sera portée à l’état parodontal, au minimum un détartrage par le dentiste traitant s’avérera nécessaire chez l’adulte.
Un bilan radiologique est évidemment demandé : panoramique dentaire bien entendu mais également un bilan denta scanner ou cone beam afin d’évaluer les proximités et les chevauchements radiculaires ainsi que l’épaisseur de la corticale.
La corticotomie peut être utilisée en complément de toutes les techniques (multi attaches vestibulaires ou linguales, invisalign…)
Elle peut également être associée aux ancrages osseux (mini vis d’orthodontie, mini plaques) en particulier pour les mouvements de distalisation ou de redressements d’axes.
Risques et complications sont assez limités (infections, traumatismes radiculaires, lésion nerveuse au trou mentonnier).
Un formulaire de consentement aux soins signé par le patient est bien entendu obligatoire.
Pour autant, la diminution du temps de traitement, si elle est le principal intérêt de la corticotomie, n’en est pas le seul.
Grace à la corticotomie, on va aider et parfois repousser les indications de la chirurgie orthognatique, limiter les résorptions radiculaires par diminution de la phase de hyalinisation. Enfin des
études sont en cours qui tendent à prouver que la corticotomie améliore la stabilité des résultats par densifi cation de la corticale cicatricielle (JB CHARRIER) et/ou par la déstructuration du LAD qui perdrait ainsi sa mémoire positionnelle (I. BINDERMAN)En conclusion, la corticotomie fait maintenant partie de l’arsenal thérapeutique des orthodontistes, au même titre que vis et plaques d’ancrage osseux. Technique chirurgicale en devenir, simplifiée grâce aux techniques mini invasives par piezo chirurgie (JD SEBAOUN) ou micro scies rotative (JB CHARRIER), la corticotomie permet une accélération notable des traitements orthodontiques qui pourraient être terminés avec une plus grande stabilité.

EXEMPLE D’EVOLUTION DE L’ALIGNEMENT DENTAIRE EN 2 MOIS VS 9 MOIS EN TECHNIQUE CLASSIQUE à propos d’un cas.
Photos et traitement Docteur Frédérique MADAR DAHAN

Mademoiselle L. présente une classe II squelettique associée à une biproalvéolie d’origine ethnique dans un contexte hyperdivergent.
Mademoiselle L. désire aligner ses dents sans chirurgie maxillo-faciale et rapidement.
Un traitement par multi attaches auto ligaturant passif (Damon Clear à l’arcade maxillaire et Heimas métal à l’arcade mandibulaire) associé à une corticotomie est proposé.
Des sections d’arc partant du 012 CuNITi sont changées tous les 15 jours pour arriver très rapidement au 018×025 CuNiTi






1. Binderman I, Gadban N, Bahar H, et al. d Commentary on :
Periodontally accelerated osteogenic orthodontics (PAOO) – a clinical dilemna Int Orthod 2010 ; 8 : 268-2772. Frost HM. The biology of fracture healing : An overview for clinicians. Part I. Clin Orthop; Rel Res 1989;(248):283-293

3. Strippoli J., Aknin JJ. Le concept du déplacement dentaire accéléré par corticotomie ou par piézocision, Orthod Fr 2012;83:155–164.

4. Sebaoun JD, Surmenian J, Dibart S Traitements orthodontique accélérés par piézocision : Une alternative mini-invasive aux corticotomies alvéolaires. Orthod Fr 2011; 82:311−319.

5. Anaîs Cavaré. Apport des corticotomies alvéolaires dans la distalisation molaire avec miniplaques d’ancrage : revue de la litterature et cas cliniques. Surgery. 2014. <dumas-01016907>

6. Choin Stéphanie. Intéêt de la corticotomie alvéolaire dans les traitements orthodontiques. Thèse : Chir.Dent ; Nantes ;2010

7. Sitbon MC, Charrier JB. Orthodontie accélérée par corticotomies alvéolaires : approche clinique et expérimentale. Rev Orthop Dento
Faciale 2009;43:000-000.

8. Charrier JB.et al Traitement orthodontique accéléré par corticotomies alvéolaires chez l’adulte. International Orthodontics,
2008;6(4):355-73

 

Newsletter 10 – Février 2015 – Les glossodynies

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LES GLOSSODYNIES

Dr Fabrice Campana

Février 2015

Ce mois-ci, pas de photo mais un rappel sur cette maladie qui entraine des brulures de la bouche sans symptôme clinique : la glossodynie.

C’est une patiente qui consulte pour des brulures de la bouche depuis quelques semaines, voir quelques mois ou années.
Vous l’examinez : la bouche est strictement normale. Qu’est ce que c’est ? une infection mycosique ? allez un antifongique !
Mince, aucun résultat ! une infection bactérienne ? allez un antibiotique !
Mince, encore raté! une allergie au métal, à l’amalgame, aux composites ? Comment le prouver ? Que faire, tout déposer ?
En pratique, une patiente qui se plaint de brûlures de la bouche en l’absence de signe clinique (1) doit faire évoquer une glossodynie (burning mouth syndrome).
Cette brûlure peut atteindre la langue, les lèvres ou la cavité buccale dans sa globalité. Elle est souvent associée à une dysgueusie et des troubles salivaires rarement objectivables.

Cliniquement, l’examen est normal, même s’il l’on peut retrouver une langue géographique ou une langue fissurée associées (5). Il existe trois formes en fonction de la description des douleurs :

Type 1 : la douleur apparaît le matin, augmente la journée avec un paroxysme le soir et est absente au niveau des repas. Il représente 35% des atteintes.

Type 2 : la douleur est continue la journée et est présente au repas. 55% des malades

Type 3 : qui correspond au type ni 1, ni 2 avec des douleurs variables et représente 10% des cas.

En général, l’inter-rogatoire et la clinique suffisent au diagnostic. Le niveau de douleur doit être évaluée initialement et pendant le traitement à l’aide d’outils tels que l’EVA ou l’EVS (4). Une biologie pour éliminer une cause carentielle, un diabète ou un syndrome de Gougerot-Sjögren peut être utile.
Un frottis muqueux peut être utile car il permet d’objectiver la négativité de l’infection mycosique.
La biopsie n’est pas indiquée.

La prévalence de la glossodynie dans la population est de 1%.
Cette affection touche la femme, en particulier après la ménopause, et augmente avec l’âge (4). L’anxiété et la dépression sont souvent associées (3).
Les glossodynies peuvent être primaires (sans étiologie retrouvée) ou secondaires à un lichen, une candidose, une carence vitaminique, un diabète..

L’origine neuropathique de la douleur est discutée, liée à une anomalie centrale ou périphérique (5).
Le traitement reste un challenge.
Les anti-épileptiques, tels que le clonazepam ont été utilisés avec succès, jusqu’à leur récente restriction d’utilisation par l’ANSM. Différents antidépresseurs dont les indications de l’AMM sont les douleurs neuropathiques sont décrit.
L’amitriptyline introduite à petite dose et augmentée jusqu’à la diminution, voire la disparition de la douleur est dans notre expérience une bonne approche.
La capsaïcine, alcaloïde responsable de la sensation de brûlure produite par les piments, est capable de désensibiliser certains nocicepteurs et est utilisée en traitement topique sous forme de bains de bouche ou de crème. Elle donne des résultats intéressants (4) et est une alternative thérapeutique en cas de contre-indication aux antidépresseurs (glaucome, hyposialie).

L’acide alpha-lipoique est largement rapporté avec un excellent taux de succès.La thérapie cognitivo-comportementale a été utilisée sans preuve de son efficacité.
Ces patients nécessitent un suivi long. Celui ci doit être mensuel à l’introduction du trai- tement, puis trimestriel lorsque la dose efficace est déterminée.
Il est impératif de rappeler à ces malades que si la douleur chronique est invali- dante, aucun cas de traformation carcino-mateuse n’est rapporté dans la littérature.

1. Sin et coll. Burning mouth syndrome: a review and update. J Oral Pathol Med. 2013 Oct;42(9):649-55.
2. Zakrewska JM et coll. Interventions for the treatment of burning mouth syndrome (Cochrane review). Cochrane Database Syst Rev 2001 Vol 3, Database no CD002779
3. Fricain JC. Glossodynies- Stomatodynies- Burning mouth disease. ROS, 2010 :5.
4. de Moraes M et coll. Randomized trials for the treatment of burning mouth syndrome: an evidence-based review of the literature. J Oral Pathol Med (2012) 41: 281–287
5. Maschino F et coll. Burning mouth syndrome : à propos de 3 cas. Med Buccale Chir Buccale 2014; 20:111-117.

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Newsletter 9 – Octobre 2014 – Adénocarcinome polymorphe de bas grade : une localisation labiale

Les travaux du CMF

Dans la presse :
« Adénocarcinome polymorphe de bas grade, une localisation labiale»
Campana F, Del Grande J, Fakhry N, Ordioni U. Médecine Buccale Chirurgie Buccale, 2014;20:215-216.
« Implications of endodontic related sinus aspergillosis in a patient treated by infliximab : a case report.»
Guivarc’h M, Ordioni U, Catherine JH, Bukiet F, Campana F Journal of endodontics, 2014, sous presse.
« Pigmentation palatine associé à un traitement par imatinib »
Campana F, Ordioni U Médecine Buccale Chirurgie Buccale, 2014 sous presse.Dans les congrès :

«Van der Woude Syndrome : a family case report»
Ordioni U, Campana F, Massereau E, Catherine JH 22nd International Association for Disability and Oral Health (iADH) Congress, Berlin, 2014

« Les voies d’accès chirurgicales et les applications pratiques du Piézotome»
Atelier de travaux pratiques B36 – Pathologie – Chirurgie buccale.
Avec la participation du Docteur Fabrice CampanaCongrès ADF 2014, Mercredi 26 novembre, 9h00-11h30

Post-it

 

Adénocarcinome polymorphe de bas grade : une localisation labiale

1 Centre massilien de la face, Marseille, France

2 Service d’ORL, centre hospitalier universitaire de la Timone, Marseille, France

3 REFCOR (Réseau d’expertise français sur les cancers ORL rares)

4 Service d’anatomopathologie, centre hospitalier universitaire de la Timone, Marseille, France

* f.campana@centremassiliendelaface.com

(Reçu le 20 août 2014, accepté le 31 août 2014)

Mots clés :glandes salivaires mineures / tumeurs des glandes salivaires / adénocarcinome / lèvre Résumé – Introduction : L’adénocarcinome polymorphe de bas grade (APBG) est une tumeur carcinomateuse épithéliale se développant principalement à partir des glandes salivaires du palais ou des lèvres. Observation : Nous rapportons le cas d’un APBG de la lèvre supérieure. Discussion : La faible spécificité clinique et le polymorphisme histologique de l’APBG rendent son diagnostic difficile. Une réunion de consultation pluridisciplinaire (RCP) du Réseau d’expertise français sur les cancers ORL rares (REFCOR et REFCORpath) a permis le diagnostic histologique et la prise en charge.
Key words:salivary glands minor / salivary gland neoplasms / adenocarcinoma / lip Abstract – Polymorphous low-grade adenocarcinoma: a lip localisation. Introduction: Polymorphous low-grade adenocarcinoma (PLGA) is a carcinomatous epithelial tumour mainly located on the palate or lips. Observation: We report the case of a PLGA of the upper lip. Discussion: The low clinical specificity and histological polymorphism of PLGA make diagnosis difficult. A multidisciplinary consultation meeting of the French network of expertise on rare head and neck cancers (REFCOR and REFCORpath) allowed histological diagnosis and management.

 

ObservationUn patient de 67 ans s’est présenté à la consultation pour une lésion de la face interne de la lèvre. L’examen endobuccal retrouvait un mauvais état buccal avec des racines dentaires délabrées. Un nodule aplati de 1,5 cm de diamètre et d’aspect homogène était présent sur la lèvre muqueuse supérieure (Fig. 1). La palpation était souple, les aires ganglionnaires libres.L’orthopantomographie mettait en évidence une zone d’ostéolyse en regard des 21, 22 et 23. La mise en état bucco-dentaire et l’exérèse de la lésion ostéolytique ainsi que du nodule labial ont été réalisées sous anesthésie locale.L’examen anatomopathologique du nodule muqueux retrouvait une prolifération tumorale riche en cellules globuleuses, à cytoplasme éosinophile, regroupées en amas avec présence de cordons et parfois de tubes à la lumière clarifiée. Il existait de rares mitoses. L’immunohistochimie retrouvait une PS100 positive et un KI67 très légèrement positif (10 à 20 %). Le diagnostic d’adénocarcinome polymorphe de bas grade (APBG) d’une glande salivaire accessoire était retenu après relecture anatomopathologique effectuée par le réseau REFCORpath. L’histologie de la lésion osseuse était en faveur d’une lésion inflammatoire odontogène

Fig. 1. a : aspect clinique de la lésion labiale : nodule aplati de 1,5 cm de diamètre et d’aspect homogène. b : coupe histologique de la lésion, coloration HES × 100 : tumeur mal limitée, avec la présence de cellules peu cohésives. À plus fort grossissement (× 400), détails nucléaires évoquant le bas grade de la tumeur.

Fig. 1. a: clinical appearance of lip lesion: flattens nodule, 1.5 cm in diameter and uniform appearance. b: histological section of the lesion, HES staining × 100: ill-defined tumor with the presence of low cohesive cells. At higher magnification (× 400), nuclear detail evoking the low grade of the tumor

Le scanner thoraco-abdomino-pelvien et la panendoscopie ORL étaient négatifs. La décision thérapeutique a été prise en RCP nationale dans le cadre du
réseau REFCOR. Compte tenu de la faible agressivité (bas grade) et de l’absence d’adénopathie, une reprise des marges d’exérèse (qui n’a pas retrouvé de résidu tumoral) sans geste ganglionnaire a été effectuée. Après 14 mois de surveillance, il n’existait pas de récidive.DiscussionL’APBG a été décrit pour la première fois en 1983. Le sexe ratio est de deux femmes pour un homme, le pic d’incidence se situe autour de la sixième décade [1]. Il est, en termes de fréquence, la deuxième tumeur carcinomateuse des glandes salivaires [2, 3], avec une localisation quasi élective pour les glandes accessoires. Le site le plus fréquent est le palais dur, la lèvre supérieure ne représentant que moins de 10 % des cas [3, 4]. Cliniquement, l’APBG se présente comme un nodule jaunâtre dont la taille moyenne est de plus de 2 cm de diamètre. Le bilan paraclinique tomodensitométrique ou par résonance magnétique est non spécifique et permet d’apprécier l’extension de la tumeur [5]. Il est caractérisé histologiquement par un monomorphisme cellulaire, un polymorphisme architectural et un mode de croissance invasif [2]. Les différentes configurations architecturales sont lobulaires, cribiformes, papillaires et trabéculaires [2]. Ce polymorphisme rend le diagnostic histologique difficile [1, 4]. Dans notre cas, plusieurs lectures des lames n’ont pas permis d’avoir une certitude diagnostique. Une relecture par le réseau REFCORpath a permis de poser le diagnostic d’APBG. Le diagnostic différentiel doit se faire avec un carcinome adénoïde kystique [6] dans sa localisation palatine ou avec un adénome pléomorphe [7].Le traitement consiste en une exérèse chirurgicale large potentiellement associée à un curage ganglionnaire et à une radiothérapie [7]. La RCP nationale n’a retenu dans notre cas qu’une reprise des marges chirurgicales.Le pronostic de l’APBG est favorable. Les récidives locales sont possibles dans 10 à 25 % des cas avec une notion de plus grande agressivité [4]. Les métastases sont rares (10 %) [2].Toutefois l’APBG nécessite une longue période de surveillance, la récidive moyenne apparaissant à 15 ans [1].Conflits d’intérêt : aucunReferences

1. Fife TA, Smith B, Sullivan CA, Browne JD, Waltonen JD. Polymorphous low-grade adenocarcinoma: a 17 patient case series. Am J Otolaryngol 2013;34:445-448.

2. Thompson L. World Health Organization classification of tumours: pathology and genetics of head and neck tumours. Ear Nose Throat J 2006;85:74.

3. Buchner A, Merrell PW, Carpenter WM. Relative frequency of intra-oral minor salivary gland tumors: a study of 380 cases from northern California and comparison to reports from other parts of the world. J Oral Pathol Med 2007;36:207-214.

4. Sankar Vinod V, Mani V, George A, Sivaprasad KK. Polymorphous low-grade adenocarcinoma–management and reconstruction with temporalis myofacial flap. J Maxillofac Oral Surg 2013;12:105-108.

5. Kato H, Kanematsu M, Makita H, Kato K, Hatakeyama D, Shibata T, et al.CT and MR imaging findings of palatal tumors. Eur J Radiol 2014;83:e137-146.

6. El-Nagdy S, Salama NM, Mourad MI. Immunohistochemical clue for the histological overlap of salivary adenoid cystic carcinoma and polymorphous low-grade adenocarcinoma. Interv Med Appl Sci 2013;5:131-139.

7. Chaâbouni S, Ayadi L, Dhouib H, Abbes K, Khabir A, Boudawara T. Polymorphous low-grade adenocarcinoma: a palatine and a labial location. Rev Stomatol Chir Maxillofac 2008;109:178-182

 

Actualités …

INFORMATION TRANSMISE par L’ANSM

Septembre 2014

Denosumab 120mg (XGEVA®) : Mise à jour des informations de sécurité d’emploi pour minimiser les risques d’ostéonécrose de la mâchoire et d’hypocalcémie.

Concernant l’ostéonécrose de la mâchoireL’ONM est un effet indésirable fréquent chez les patients traités par XGEVA®

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Un examen dentaire avec des soins préventifs appropriés est recommandé avant d’instaurer un traitement par XGEVA®.

XGEVA® ne doit pas être initié chez les patients souffrant d’une affection dentaire ou de la mâchoire nécessitant une intervention chirurgicale, ou chez les patients ne présentant pas une guérison complète après une chirurgie buccodentaire.

Tous les patients traités par XGEVA® doivent être informés sur l’importance de maintenir une bonne hygiène buccale, de faire des bilans dentaires réguliers et de signaler immédiatement tout symptôme oral tel qu’une mobilité dentaire, une douleur ou un gonflement au cours du traitement par XGEVA®.

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Denosumab 60 mg (PROLIA®) : Mise à jour des informations de sécurité d’emploi afin de minimiser les risques d’ostéonécrose de la mâchoire et d’hypocalcémie

Concernant l’ostéonécrose de la mâchoire
Les médecins doivent évaluer les facteurs de risque d’ONM chez tous les patients avant l’initiation du traitement par Prolia®. Un examen dentaire avec des soins préventifs appropriés est recommandé chez les patients présentant des facteurs de risque concomitants.
Les patients doivent être informés sur l’importance de maintenir une bonne hygiène buccale, de faire des bilans dentaires réguliers et de signaler immédiatement tout symptôme buccal tel qu’une mobilité dentaire, une douleur ou un gonflement au cours du traitement par Prolia®.

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centre-massilien-de-la-face-octobre-2014-image1sur-9 La société française de Stomatologie de Chirurgie Maxillo faciale et de Chirurgie Orale a proposé lors de son congrès annuel à Lyon en Juillet des recommandations de bonnes pratiques concernant la :
Place de l’othèse d’avancée mandibulaire (OAM) dans le traitement du syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil de l’adulte (SAHOS).

Disponible sur le site de la société : http://www.sfscmfco.fr/

Newsletter 07 – Mars 2014 – La disjonction inter-maxillaire orthodontico-chirurgicale

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Les travaux du CMF Dans la presse :

« Focus : le lichen plan buccal»

Campana F, Ordioni U

La revue du praticien-Médecine Générale, 2014, 28, 916 : 164-5

« La macrochéilie granulomateuse de Miescher : difficultés diagnostiques»

Campana F, Ordioni U, Fricain JC

Médecine Buccale Chirurgie Buccale, sous presse

« Le Syndrome de Van der Woude : un cas familial »

Ordioni U, Campana F, Rasmussen N, Catherine JH

Médecine Buccale Chirurgie Buccale, sous presse

 

Dans les congrès

« Adénocarcinome polymorphe de bas grade : à propos d’un cas »

Campana F, Ordioni U, Del Grande J, Fakhry N.

62ème Congrès de la SFCO, Reims, Mai 2014

« Le rôle de l’assistante en chirurgie orale »

Catherine JH, Roche-Poggi Ph, Ordioni U

12ème Congrès de l’ADP, Marseille, Mars 2014

« Cavité buccale en pratique : Quand penser à un cancer ? »

Campana F.

Journée de l’ICCORL : Cancérologie ORL en pratique quotidienne, Samedi 17 mai 2014

« Pathologie des glandes salivaires »

Istria N, Campana F

ACDMN, Jeudi 20 mars 2014

VALIDEZ VOTRE DPC EN LIGNE !
Sous l’égide de l’ADF, et associé aux docteurs Cousty (UFR de Toulouse), Devoize (UFR de Clermont-Ferrand) et Descroix (UFR Paris VII), Fabrice Campana interviendra en webconférence puis en t’chat le 10 avril 2014 sur le thème du risque hémorragique.

Cette session en ligne participe à la validation du DPC. Pour plus de renseignements, consultez le site web de l’ADF :

http://www.adf.asso.fr/fr/espace-formation

Post-it

« Vous avez dû être informés qu’un accident de la main gauche m’immobilise actuellement.
Blessure sérieuse mais sans séquelle invalidante pour l’avenir.

Afin de ne pas interrompre la continuité des soins, les patients déjà programmés ont été prévenus et ceux qui l’ont souhaité, ont été redirigés vers mes associés du Centre Massilien, lesquels continuent à les prendre en charge jusqu’à mon retour prévu pour le mois de mai.

Je vous remercie pour vos témoignages de sympathie. »

Docteur Thierry TAILLAN

La disjonction inter-maxillaire orthodontico-chirurgicale
– Docteur Nathalie Dumont – Nicolas Istria –
Le traitement orthodontique conventionnel corrige les anomalies de position des dents pour obtenir un « beau sourire » mais surtout une occlusion dentaire fonctionnelle. Les anomalies dentaires modérées peuvent être corrigées par un traitement orthodontique seul. En revanche, lorsque la croissance du massif facial se fait de manière anormale avec un décalage des bases osseuses et des anomalies dentaires importantes, le traitement orthodontique seul ne suffit plus. Ces anomalies d’origine osseuse doivent donc être corrigées chirurgicalement.L’endomaxillie est une dysmorphose qui correspond à une insuffisance de croissance transversale du maxillaire, responsable du trouble de l’occlusion dentaire.

Normalement la croissance transversale se fait avant l’ossification définitive de la suture médio-palatine (14-15 ans chez la fille et 15-16 ans chez les garçons).

La langue joue un rôle important car en s’appuyant sous le palais elle permet la stimulation de cette suture et la croissance transversale maxillaire. Chez le respirateur buccal, l’absence de stimulation de cette suture est liée à la position basse de la langue pour permettre la ventilation orale.

L’objectif de l’ostéotomie de disjonction intermaxillaire est donc d’ouvrir la suture médio-palatine et de permettre l’élargissement progressif des fosses nasales, du maxillaire et de l’arcade dentaire supérieure au moyen de l’activation d’un disjoncteur orthodontique.

Généralement, l’ostéotomie est intégrée à un plan de traitement orthodontique. Dans certains cas, une ostéotomie maxillaire et/ou mandibulaire peut être associée ultérieurement.

Les objectifs de la première consultation :

Evaluer les plaintes et les motivations du patient :

fonctionnelle : gêne masticatoire, respiratoire, trouble de la déglutition, de la phonation, anomalies occlusales et dentaires, apnée du sommeil, dysfonctionnement des articulations temporo-mandibulaires…

esthétique : attention à bien anticiper les conséquences psychologiques des modifications esthétiques du visage du patient.

Réaliser un bilan clinique et paraclinique pour déterminer un diagnostic et proposer le traitement le plus adapté possible.

-Etude de l’état de la denture, de la phonation, de la déglutition, de la respiration

-Etude du trouble de l’occlusion dentaire et du type de dysmorphose maxillo-faciale
-Etude de l’état des gencives et du niveau d’hygiène buccodentaire

-Examen des moulages

-Bilan radiologique (panoramique dentaire, téléradiographie de face et de profil, analyse céphalométrique, scanner naso-sinusien)

-Bilan photographique (facial et intra-oral) : analyse esthétique du visage de face et de profil

Expliquer les principes de la prise en charge orthodontico-chirurgicale

Au terme de ce bilan (consultation orthodontique et chirurgicale), l’indication chirurgicale peut être confirmée. Le plan de traitement global est évoqué et clairement expliqué au patient. Celui-ci doit l’avoir parfaitement compris pour pouvoir y adhérer totalement. Un protocole orthodontico-chirurgical est en effet un traitement souvent long qui nécessite une participation active du patient à toutes les étapes. La préparation orthodontique préchirurgicale peut être alors débutée.

Comment se déroule l’intervention ?

1 semaine avant l’intervention :

Mise en place du disjoncteur par l’orthodontiste au cabinet. Il existe des disjoncteurs à appui dentaire (figure 1) et d’autres à ancrage osseux (figures 2 et 3), utiles en cas de parodontopathie, ou d’édentement. Ce dernier est placé par le chirurgien, en fin d’intervention.

Technique opératoire :

L’opération est pratiquée sous anesthésie générale.

La voie d’abord est située dans le vestibule maxillaire supérieur. L’incision muqueuse s’étend de 16 à 26.

Le décollement sous-périosté expose le squelette (orifices piriformes, épine nasale antérieure, face antérieure des sinus maxillaires, piliers canins et cintres maxillozygomatiques) et l’émergence des nerfs infra-orbitaires.

On réalise une ostéotomie maxillaire horizontale type Le Fort 1 incomplète sans mobilisation du plateau maxillopalatin mais avec une ostéotomie médiane au ciseau à frapper ou au bistouri piézo-électrique d’avant en arrière, débutée entre les incisives centrales, et contrôlée digitalement pour éviter une plaie palatine.

La disjonction est débutée par activation du vérin. L’activation initiale permet de vérifier que la disjonction est effective en visualisant un diastème inter-incisif.

La fermeture de la voie d’abord se fait au fil résorbable.

En fin d’intervention le disjoncteur est activé de 4 quarts de tour, soit 1mm.

Les suites opératoires

Saignements fréquents et sans gravité la plupart du temps. En cas de saignements post-opératoire très importants, une reprise opératoire peut être nécessaire

Oedème et hématome très fréquents et parfois importants

Douleur modérée répondant à des antalgiques simples

-Alimentation liquide dès le lendemain et les premières semaines, progressivement l’alimentation sera molle puis mixée pour une reprise alimentaire normale à 1mois 1/2

-Arrêt du tabac et de l’alcool au moins 8 jours avant l’intervention et ce jusqu’à la fin de la cicatrisation

-Des bains de bouche sont prescrits en complément du brossage. Le jet hydropulseur peut également être utilisé. Les points sont résorbables (disparition en 3-4 semaines).

-Interruption scolaire ou de travail de 7 à 15 jours et sportive de 2 mois.

Les risques

Diminution ou perte de la sensibilité de la lèvre supérieure ou des dents: le nerf infra-orbitaire peut être étiré entraînant une diminution transitoire de la sensibilité qui disparaît généralement complètement après quelques semaines ou mois.

Infection

Lésion dentaires: dans de très rares cas, des racines dentaires peuvent être lésées et nécessiter un traitement (dévitalisation, résection apicale).

Modification morphologique et esthétique du visage

Troubles des articulations des mâchoires: ils peuvent se manifester (ou s’aggraver s’ils sont préexistants) après ce type de chirurgie. Ils sont généralement bénins et s’améliorent le plus souvent spontanément en quelques mois.

Récidive de l’endomaxillie

La phase de distraction

Elle peut être suivie par l’orthodontiste ou le chirurgien en fonction des habitudes de chacun.

L’apprentissage du geste se fait après 1 semaine de repos lors de la consultation avec le chirurgien. Le patient est accompagné pendant 3 semaines pour mener à bien la distraction, de façon plus ou moins rapprochée en fonction de la bonne compréhension et de la compliance du patient.

L’amélioration rapide de la respiration, des anomalies dentaires et esthétiques, ressentie et visible par le patient dès le début du traitement, contribue à le conforter dans sa prise de décision, et peut susciter assez facilement, sa satisfaction et donc son entière participation.

Dans tous les cas, l’orthodontiste contrôle la distraction souhaitée. Bien souvent, la distraction est limitée par le disjoncteur lui-même qui arrive en bout de course.

Le chirurgien contrôle la tolérance muqueuse de la distraction, notamment par la coloration de la papille interincisive témoignant de sa vitalité.

A 1 semaine : activation du disjoncteur : ¼ de tour 3 à 4 fois par jour (3/4 à 1 tour par jour ce qui équivaut à 0,75 à 1 mm par jour).

A 3 semaines : fin de l’activation, l’appareil est laissé en place le temps de la consolidation osseuse pour éviter la récidive

3 à 6 mois : dépose de l’appareil

La disjonction intermaxillaire permet une amélioration franche de la ventilation nasale et une correction du trouble occlusal.

La durée d’hospitalisation est d’environ 48 à 72h. L’intervention est relativement simple et peu invasive. Les complications sont relativement peu nombreuses.

La prévention de la récidive impose une hypercorrection initiale et une contention prolongée de 3 à 6 mois selon la sévérité de l’endomaxillie.

La période post-opératoire permet de réaliser le traitement orthodontique d’alignement dentaire qui est facilité par l’élargissement de l’arcade dentaire maxillaire.

Ce procédé permet d’éviter les extractions de prémolaires maxillaires en cas d’encombrements dentaires que l’on retrouve fréquemment dans les endomaxillies.

Le diastasis inter-incisif créé par la disjonction se corrige spontanément sans traitement orthodontique.

D’un point de vue ventilatoire, l’amélioration est immédiate dès le réveil du patient et se maintient dans la période postopératoire précoce si l’oedème est peu important, et bien sur à long terme si la contention et la réhabilitation de
l’occlusion dentaire ont été correctement conduites. La récupération de la ventilation nasale permet de corriger la posture linguale en plus de la rééducation linguale. En effet, le patient n’est plus obligé de mettre sa langue en position basse pour respirer par la bouche, la langue se repositionne au niveau palatin et participe à la contention de la correction.

Enfin la correction de la respiration buccale permet une amélioration de l’hygiène buccale en particulier de la qualité de la salive ce qui améliore les problèmes de parodontopathies associés à la respiration buccale.

Concernant la durée du traitement il est indispensable d’informer le patient et d’obtenir une bonne adhésion au projet thérapeutique notamment dans la période de distraction progressive.

Même si au premier abord le patient juge complexe la procédure, il faut savoir expliquer que l’on corrige à la fois 2 troubles, la ventilation et l’occlusion dentaire.

Il s’agit donc d’une prise en charge globale nécessitant la coopération de 3 acteurs, chirurgien, orthodontiste et patient.

Cas clinique

Un patient de 19 ans a consulté pour « incongruence dentaire et prognathisme ».

L’interrogatoire retrouvait une demande esthétique forte, une obstruction nasale et une gêne à la mastication. L’examen clinique montrait une dysmorphose dentomaxillaire avec une endomaxillie typique et une classe 3.

Le patient a été adressé à l’orthodontiste.

Le bilan complémentaire était réalisé avec un bilan allergologique négatif et une tomodensitométrie nasosinusienne montrant l’absence d’anomalie sinusienne, de la cloison septo-cartilagineuse et des cornets.

L’indication d’une disjonction orthodontico-chirurgicale a été posée.

L’orthodontiste a placé le disjoncteur à ancrage dentaire 1 semaine avant l’intervention et la disjonction intermaxillaire a été réalisée selon la technique décrite.

Le disjoncteur a été activé en per-opératoire et une distraction de 1 mm a été réalisée d’emblée (4 quarts de tour).

Les suites post-opératoires ont été simples avec un oedème maxillaire modéré et un retour à domicile à J2 avec des antalgiques usuels (paracétamol et AINS).

La reprise du travail a pu se faire à 1 semaine.

La distraction a été débutée à 1 semaine post-opératoire, après apprentissage du geste, à raison de 3 quarts de tour par jour (1/4 matin, midi et soir, sans douleur).

Le patient a rapidement rapporté une amélioration respiratoire malgré l’hémosinus bilatéral post-opératoire, augmentant sa compliance et sa motivation.

La distraction a duré 16 jours, limitée par la capacité du disjoncteur, avec un gain transversal d’environ 14 mm.

La modification morphologique rapide dans les 3 plans de l’espace avec comblement des sillons naso-géniens, projection de la lèvre supérieure, et le passage d’un sourire pauvre à un sourire esthétique ont donné entière satisfaction au patient et motivation pour la suite de la prise ne charge.

 

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